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DISCOURS DE MONSIEUR LE BOURGMESTRE
LEON CASAERT

Conseil Communal

Charleroi, le 9 juillet 2007

 

Madame et Messieurs les Echevins,
Mesdames et Messieurs les Conseillers communaux,
Cher(e)s Collègues, Cher(e)s ami(e)s
Vous toutes et vous tous, en vos titres et qualités,

 

Le 4 décembre 2006, lors de l’installation du nouveau Conseil Communal Je vous disais « qu’il est des évidences qui font mal mais qu’il convient pourtant d’affronter sans détour. Je faisais référence aux derniers mois très pénibles pour notre Ville agitée par les scandales, sombres et tristes.
Ils montrèrent Charleroi sous un très mauvais jour et nous laissèrent un moment groggy.

Je précisais qu’il était temps de tourner la page et de nous mettre au travail. Dès ce 4 décembre, nous avons posé pas à pas les jalons d’une ville responsable dans sa gestion, une ville innovante et dynamique.

 

Des constats accablants

Les événements que la Ville de Charleroi a vécus durant cette dernière année nous imposaient -  c’est une absolue nécessité - une attitude radicale et sans ambiguïté en matière d’éthique des mandataires, de stricte conformité à la loi de toutes les décisions de la Ville et de développement d’une politique au service exclusif de nos concitoyens.

La première métropole de Wallonie méritait que nous mettions toute notre énergie à son service afin que demain, elle ne soit plus montrée du doigt pour ses faiblesses et ses erreurs mais bien pour ses réussites et ses vertus et qu’elle devienne un exemple en matière de nouvelle gouvernance.

Ce qui importait pour nous, c’était de mobiliser les dynamismes de chacun afin d’assurer avec tous le redressement institutionnel, économique, social et environnemental de notre Ville, afin tout simplement de contribuer au bien être général de nos concitoyens et de leur rendre la fierté d’être Carolo.

Le rapport de 80 pages de l’audit externe avait indéniablement mis à la lumière des résultats accablants.
Je n’y reviendrai pas !!!

Les problèmes identifiés ont décuplé mon dynamisme, mais aussi celui du collège nouvellement installé, à trouver des remèdes pour mettre en place une gestion performante.

Nous sommes peut-être loin de la perfection, me direz-vous, mais après 7 mois d’effort continu, de travail acharné, et ce malgré le handicap des douzièmes provisoires, j’ai la prétention de dire aujourd’hui que je remettrai dans les mains de Jean-Jacques Viseur et de la nouvelle équipe les clés d’un avenir meilleur pour charleroi.

Les fondations sont terminées, la nouvelle équipe a tous les outils pour construire le nouvel édifice.

La volonté commune de l’équipe socialiste, qui je le rappelle est majoritaire au collège ainsi que des autres membres de la majorité, d’initier la nécessaire césure entre les actes du passé et la gestion future, a porté ses fruits.

Nous nous sommes engagé à exercer notre mandat dans le respect absolu des exigences éthiques et déontologiques qui garantiront le service de l’intérêt général.

Nous sommes résolument dans la nouvelle manière de gouverner.

- restauration du dialogue social avec les représentants des travailleurs de la Ville et de la police.
- fin de la gestion des PV de collège comme pratiqué par le passé.
- nouvelles règles d’utilisation des véhicules et des gsm pour les membres du personnel qui en bénéficie mais surtout pour les élus et les membres des cabinets.

Cette volonté de nouvelle gouvernance, avait été affirmée dés avant les recommandations de l’audit, au sein du livre blanc.
Elle a été notre guide et devra dés votre prise de fonction être réaffirmée avec force.

Nous avions pris l’engagement d’installer rapidement le bureau de déontologie et d’éthique prévu par le livre blanc.
Celui-ci, présidé par Jacques Lacroix, président honoraire du tribunal de première instance à Charleroi, s’est mis au travail depuis le 25 avril dernier.
Cette instance de recommandation se penche désormais sur les principes à faire adopter, tant par les élus que par le personnel communal.
Il est également chargé de prêter son concours à l’élaboration de normes communales en matière d’éthique et de déontologie.

Des remèdes pour une gestion performante

Les relations entre élus et administration ont fait l’objet également d’une attention particulière.
Nous avons, avec une certaine difficulté, instauré des règles claires et transparentes visant à une véritable contractualisation des rapports dans le respect réciproque.

Une analyse approfondie et sans complaisance a immédiatement été menée, ce qui nous a permis d’identifier les comportements, les défaillances et les modes d’organisation qui ont facilité des manquements voire des fautes.

Le contrôle et l’évaluation de l’action communale est renforcé de manière considérable par la mise en place d’un service d’audit interne indépendant.

La problématique du respect des règles en terme de marchés publics constituait une de nos premières préoccupations.

La création d’une cellule de marchés publics était aussi un objectif prioritaire.
Celle-ci est en place et la première mission qui lui a été confiée porte sur les marchés de travaux et de fournitures de la ville.

Elle doit dégager les méthodes propres à identifier, dans ce secteur, toute infraction aux lois et règlements applicables et à rendre toute infraction quasi impossible dans le futur.

Ces nouvelles méthodes doivent ensuite avoir comme priorité une plus grande centralisation et une plus grande efficacité de notre service central des achats (OGMF).

Il existe encore parmi quelques agents, des vieux réflexes en matière de procédure de marchés publics mais il faut poursuivre dans la conscientisation de ceux-ci à appliquer les nouvelles règles.

Je tiens également à préciser que dans la foulée nous avons mis en application un nouveau règlement financier.

Le lien avec le CPAS a fait lui aussi l’objet d’un focus particulier et a permis une vraie synergie avec la ville qui découle sur une maîtrise des coûts et des économies d’échelle. Ce qui renforce l’efficacité de notre action sociale.

Dés ma prise de fonction j’avais déclaré que le CPAS étais une de mes priorité. L’investissement supplémentaire consenti pour porter le budget total à 26 millions 612.000 € en est la preuve.

La sécurité

Le 4 décembre 2006 je déclarais que « La sécurité des personnes et des biens est le préalable indispensable à toute vie sociale organisée. Elle est aussi une des conditions essentielles du développement économique et humain.
Pour Charleroi, c’est aussi un problème d’image et d’attractivité. Il convient donc que Charleroi devienne de façon urgente et durable une ville sûre permettant un exercice normal de la vie sociale et économique, tout en garantissant à chacun la sauvegarde des libertés fondamentales qui lui sont reconnues par la Constitution.

Notre engagement d’atteindre pour Charleroi, au terme de la législature communale, un niveau de sécurité supérieur à la moyenne nationale doit rester intact.

Pour ce faire, nous avons développé une stratégie s’articulant sur l’augmentation de moyens financiers :

Le Budget pour la Zone de police

Le budget total à l'exercice propre de la Ville de Charleroi pour 2007 (au service ordinaire = le courant, le récurrent), représente environ 352,6 millions d'euros de dépenses.

La dotation octroyée par la Ville à la Zone de police s'élève à 47,7 millions d'euros, soit 13,5% de l'ensemble de nos dépenses.
Par comparaison cette dotation s'élevait en 2006 à 43,7 millions €.

On peut aussi dire que si le budget global ordinaire de la ville augmente de 5,5% par rapport à 2006, la dotation octroyée à la ZPL progresse dans le même temps de 10%.

Le développement d’une police de proximité proche du citoyen, c’est-à-dire présente sur l’ensemble du territoire communal, nécessite une augmentation sensible de l’effectif policier et une attractivité meilleure de la fonction.

La visite ministérielle du 26 février dernier n’a pas porté tous les fruits qu’elle semblait promettre. Sur les 133 effectifs promis par le Ministre Patrick Dewael à peine plus de la moitié des promesses a été tenue.

En matière d’effectif policier, la Zone de police de Charleroi est en déficit de 147 unités opéra         tionnelles pour atteindre les 1058 nécessaires à son bon fonctionnement. Sans oublier la révision du financement de la norme KUL.

Malgré ces difficultés, lors d’un comité de concertation de base de la police, je me suis engagé à défendre le projet d’implantation d’un nouvel hôtel de police ainsi que le transfert à temps plein d’une conseillère en prévention afin de régler les problèmes de bien-être du personnel.

Le 4 décembre, j’avais plaidé pour qu’en matière d’Aménagement du territoire et de rénovation urbaine Charleroi s’inscrive dans une stratégie claire d’aménagement de son territoire s’appuyant sur une vision d’ensemble et sur le respect des instruments juridiques tels que le règlement d’urbanisme, le plan de secteur et le schéma de structure communal.

Par l’étude de l’implantation du nouvel hôtel de police, les différents services compétents de la Ville, ont planché pour qu’en matière d’aménagement du territoire celle-ci soit parfaitement intégrée au schéma directeur. L’option optimale doit rencontrer les différentes demandes de la police, comme un accès entrant et sortant rapide, et des infrastructures modernes qui feront entrer cet hôtel de police et la zone voisine du quartier Defeld dans l’ère du 21ème siècle.

Dans le cadre de l’application stricte des différentes législations en matière de sécurité et plus particulièrement dans le domaine des incivilités urbaines j’ai fais prêter serment à ……………………………ce qui porte le nombre à ………………….afin de lutter contre les incivilités urbaines.
J’ai également proposé au conseil communal l’adoption d’un ordonnance de police interdisant la distribution, la vente et la consommation de boissons alcoolisées sur la voie publique ainsi que la modification des heures d’ouverture et fermeture des night shop et phone shop.

Enfin, pour le service incendie de la Ville, les moyens budgétaires ont été dégagés pour l'acquisition du terrain sur lequel sera construit le nouveau bâtiment tout comme la réalisation des études techniques préliminaires.

Nous avons revu le dispositif de couverture de la population et celui-ci  s'articulera à terme sur les postes suivants :

  1. La nouvelle caserne, proche de l’intersection du Périphérique R3 et de l’autoroute A503, sortie Sud de Charleroi.

 

  1. Un Poste à Jumet, face à l’aéroport, le long de la route N586 et à proximité de l’autoroute A54
  1. Un Avant-Poste au centre de Charleroi, dans la nouvelle structure qui remplacera le site du Palais des Expositions.

 

La nouvelle Caserne sera forte de 2 départs incendie complets et de 3 ambulances.

Elle permettra, en 2010 ou 2011, d'accueillir dans des locaux modernes les 351 membres professionnels du Service Régional d'Incendie en leur donnant un cadre de vie valorisant et des locaux adaptés à leurs besoins de vie et de formation.

 

Environnement, propreté et écologie urbaine

Afin de rencontrer les attentes des citoyens en matière de propreté publique, une politique volontariste a été menée. Elle a nécessité la mobilisation de ressources nouvelles et une nouvelle organisation du travail des services communaux.

ABSOLUMENT PRECISER LES EFFORTS BUDGETAIRES EN HA DE MATERIELS .

Mise en place de la table ronde culture avec l’engagement de revoir l’ensemble des acteurs dans la deuxième quinzaine du mois d’août.

Voilà en quelques minutes, le bilan que je souhaitais dresser de l’action que j’ai conduit en ma qualité de Bourgmestre de la Ville de Charleroi depuis ma prestation de serment le 4 décembre 2006.

Je remercie toutes celles et ceux, en particulier mon secrétariat et mes proches collaborateurs, qui ont œuvré sans relâche à mes côtés pour m’aider dans ma mission de redonner une nouvelle image à Charleroi. Je suis contraint de marquer une pause sur une œuvre inachevée.

Je reste profondément attaché aux valeurs démocratiques qui ont conduit mon action depuis plus de 37 ans.

Pour conclure, je voudrais m’exprimer sur mon inculpation de « faux et usage de faux. Déclarer avec force mon innocence et répéter qu’en aucune manière je n’ai participé, ni de loin ni de près à des détournements d’argent, à l’élaboration de procédure de marchés publics non conforme avec la législation en la matière et encore moins être coupable d’enrichissement personnel.
J’ai fais confiance et celle-ci me projette dans le néant.
Je demande pardon à ma famille, mes proches collaborateurs ainsi qu’à tous mes amis et anciens collègues d’avoir, par mon excès de confiance réduit à néant  l’espoir qu’ils portaient en moi de travailler à l’amélioration des conditions de vie de mes semblables.  
« Inculpé » ne signifie pas « condamné » ni « coupable »… (1)
« Dans le public, inculpation et condamnation, c’est chou vert et vert chou ».
Ces propos sont ceux de Jean-Marie Dermagne, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Barreau de Dinant. Ils ont paru le jeudi 21 juin dans une « Carte blanche » du quotidien « Le Soir ».

Dans sa réflexion N° 138 du 28/06/2007  l’ASBL Comme l’écrivait fort justement Jean- Marie Dermagne, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Dinant, l’inculpation est une formalité légale qui confère des droits à celles ou ceux qui en font l’objet et non qui les cloue au pilori.

D’où est venue cette disposition  prévoyant l’éviction immédiate d’un échevin faisant l’objet d’une inculpation judiciaire ? L’obligation de démission pour une échevine ou un échevin inculpé(e) est une condamnation en soi, d’autant plus si elle fait l’objet de publications médiatiques. Car, à ce moment, c’est l’opinion publique qui est invitée à condamner. Avant et en dehors de la Justice, semble-t-il ?
Si, comme cela se passe couramment, l’inculpation aboutit à un non-lieu, à un acquittement, l’ « inculpé », lui, n’aura pas le moindre recours face à la vision qu’ont ses concitoyens de sa « culpabilité ». Le titre de première page d’un quotidien le présentant comme « inculpé » le condamne. Les 3 lignes, publiées 6 mois plus tard, disant que les chefs d’accusation ayant justifié l’inculpation se sont révélés sans fondement, ne seront pas même lues. L’infamie initiale demeure dans les mémoires. Et allez voir comment agir pour rétablir la vérité judiciaire !
Au surplus, si un organisme public comme un conseil communal a déjà appliqué une sanction d’exclusion avant le moindre jugement de justice, l’ « inculpé » est, d’office, épinglé comme coupable par la majorité de ses concitoyens.
Au surplus, il y a le libellé de l’ « inculpation ». Si tu as commis des faux et fait usage de faux, c’est que tu es un pourri coupable de malversations. Comme nous l’entendions à une table de bistrot, il y a peu, « Is’ont mètu dès liârds dins leû poche », parlant de Casaert et des autres échevins « inculpés ». Alors que ces braves gens ne sont « coupables » que de naïveté, d’erreurs administratives extrêmement bénignes, n’impliquant pas la moindre intention d’enrichissement personnel ! Ni même, en fin de compte, de préjudice à l’égard de la Ville !
C’est monstrueux.
Si les mesures du « plus blanc que blanc » imposées par les actuels dirigeants carolos étaient imposées dans toutes les administrations communales, ce serait un capharnaüm gigantesque. Et nous pensons que certains mayeurs et échevins des 262 entités wallonnes se glissent, ces derniers soirs, dans leurs draps en implorant le ciel d’éviter que l’un quelconque de leurs adversaires politiques n’aie la malencontreuse idée de porter un regard trop pointilleux sur leur gestion personnelle, même si celle-ci n’a rien de délictueux. Simplement du pragmatisme, du court-circuitage de bureaucratie, sans la moindre intention frauduleuse. Mais, par les temps qui courent, c’est direction guillotine ou potence, au choix.
Qu’ils ne se fassent pas trop de soucis, quand même : Charleroi constitue un abcès confortable pour cette déglingue monumentale d’une « démocratie » cherchant les moyens faciles de faire sauter en l’air les principes de base de la démocratie.

« Vivre en Wallonie » ASBL
 

 

Mesdames et Messieurs, permettez moi également de revenir sur le rôle de l’Administration. Pour l’ensemble du Collège, il est évident que les services communaux ont un rôle essentiel à jouer dans le développement de la Ville au travers de la mise en œuvre des politiques communales définies par les autorités politiques. Ils ont, au quotidien, la responsabilité de fournir aux citoyens les services que ceux-ci sont en droit d’attendre.

Mais le message que je souhaiterais délivrer également aujourd’hui aux quelque 3700 agents communaux est le suivant : Nous avons besoin de vous. Vous êtes nos premiers partenaires pour la réussite de nos projets. Reprenez confiance !  Nous ne pouvons en aucun cas rejeter sur l’ensemble de l’administration et de ses agents l’opprobre qui frappe les quelques fonctionnaires qui ont manqué à leurs devoirs. La toute grande majorité du personnel communal est composée de personnes compétentes, honnêtes et intègres.
 

Celles-ci ont été confrontées aux sarcasmes, au doute, et dans certains cas au découragement.

Une ville moderne et efficace ne peut fonctionner sans des fonctionnaires motivés, efficaces et au service de nos concitoyens. Nous sommes particulièrement attachés au respect mutuel entre élus et fonctionnaires et à la collaboration qui doit exister entre eux.

 

Mesdames et Messieurs, nous devons en ces temps difficiles avoir une grande ambition pour Charleroi.

Nous mesurons l’ampleur de la tâche. La situation particulière dans laquelle nous nous trouvons, les contraintes économiques, culturelles, sociales et budgétaires auxquelles la ville est confrontée ont rendu indispensable cette volonté d’agir ensemble.

Nous avons la volonté farouche de mieux servir nos concitoyens et de les aider à devenir des acteurs à part entière du redressement de Charleroi.

Avec eux et avec l’ensemble des forces vives de Charleroi – le monde économique et social, les milieux associatifs,  nous pouvons y parvenir… j’en ai, comme tous mes Collègues, la conviction, j’en ai, comme tous mes Collègues, la volonté.

Je vous remercie