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Mercredi 14 juillet 2004

Congrès de participations gouvernementales

Discours d' Elio Di Rupo

Gembloux, Facultés agronomiques

Espace Senghor
Chers Camarades,

Voici la troisième élection successive que nous gagnons.

Aux élections communales et provinciales d'octobre 2000

Aux élections législatives de mai 2003

Et, le 13 juin dernier, la victoire fut historique. Nous avons presque atteint 37 % en Wallonie et nous avons réalisé près de 29 % à Bruxelles. Par rapport à 1999, c'est 7,5% de plus en Wallonie et 13% de plus à Bruxelles !

Nous constituons ainsi la première famille politique de Wallonie, de Bruxelles, et de la Belgique francophone.

Ces succès sont le résultat d'un immense travail de fond, d'une fidélité sans faille à nos valeurs, de la volonté de retrouver une identité forte à gauche.

C'est enfin le fruit d'une attitude sérieuse et cohérente.

Des actes conformes à nos discours et des discours conformes à nos actions.

Dire ce que nous faisons, faire ce que nous disons.

Mais, ce fabuleux palmarès, c'est d'abord le vôtre.

Celui des militants et des militantes.

Celui de toutes celles et tous ceux qui, au sein des diverses instances du Parti, souvent dans l'ombre, oeuvrent sans relâche, avec désintéressement, voire abnégation.

Ces résultats fantastiques sont également le fruit du travail de nos élus au premier rang desquels nos parlementaires.

C'est aussi celui de nos ministres, toujours en première ligne face aux difficultés.

Je les salue et les remercie tous.

Cette dynamique du succès, elle a aussi été pensée, élaborée, affermie par un énorme travail de toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs des cabinets ministériels et du Boulevard de l'Empereur. Tant dans nos cabinets qu'à l'Institut Emile Vandervelde, à Fonsoc, au secrétariat général ou à la présidence, ils ont tous été formidables.

Trois d'entre eux m'accompagnent dans tous mes projets depuis que vous m'avez confié la lourde tâche de conduire le parti.

Mes souhaits et mes craintes, mes soucis et mes angoisses, ils les partagent.

Ils ont abattu un travail phénoménal.

Ce trio d'exception, vous le connaissez.

Il s'agit de Frédéric Delcor, le directeur de l' IEV ,

de Florence Coppenolle, notre porte-parole

et de Jean-Marc Liétart, administrateur délégué du Parti.

Sans eux, je ne suis pas certain que le résultat aurait été pareil.

Ces derniers mois, Anne Poutrain nous a rejoints.

Avec rigueur, compétence et générosité, elle a été notre superbe directrice de campagne.

A tous les militants, les élus et les ministres, les collaboratrices et collaborateurs, je dis : « merci du fond du cœur ».

Le parti exprime également sa gratitude à nos concitoyens qui adhèrent de plus en plus nombreux à notre projet de société « prospère et solidaire ».

Ils ont été près de 900.000 à nous accorder leur confiance !

Merci !

Mes chers Camarades,

Pourquoi avons-nous choisi le CDH ?

Le résultat des élections d'abord.

Il s'est manifestement passé quelque chose entre 2003 et 2004.

Le signal des électeurs n'a pas été le même aux deux élections.

En 2004, l e CDH est avec le PS le seul parti à avoir progressé à Bruxelles et en Wallonie par rapport aux élections de 99 et de 2003.

Et puis, et surtout, nous avons choisi le CDH par souci de cohérence.

Ainsi, avant de prendre la décision d'engager les négociations avec le CDH, nous avions analysé les programmes de tous les partis.

C'est avec celui du CDH que les complémentarités étaient les plus évidentes.

Globalement, le programme du CDH pouvait concourir à atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé, à savoir :

Et puis, camarades, nous avons choisi le CDH par souci de cohérence par rapport à nous-mêmes.

Par rapport à nos valeurs, par rapport à notre positionnement politique, par rapport à ce que nous sommes.

Nous ne pouvons répéter de discours en discours, d'élection en élection que la ligne de partage essentielle de la vie politique, c'est et cela restera l'opposition gauche/droite.

Nous ne pouvons répéter que, fondamentalement, nos concitoyens ont le choix entre deux projets de société : celui proposé par les progressistes et celui proposé par les conservateurs.

Nous ne pouvons répéter cela et choisir de gouverner avec la droite, quand l'électeur nous laisse -comme cette fois- le choix entier de la coalition à privilégier pour former des gouvernements.

Certes, le CDH n'est pas un parti de gauche.

Mais ce n'est pas non plus un parti de droite.

C'est une formation politique centriste.

Et nul n'ignore qu'une fraction significative de ce parti, en ce compris sa présidente, est nourrie par un mouvement progressiste.

Et permettez-moi d'ajouter ceci : après les résultats de juin, je suis intimement persuadé que, face à la montée de l'extrême droite, il est dangereux que les deux grandes forces antagonistes de la politique belge francophone, le MR et le PS , gouvernent partout ensemble.

Le PS a pour vocation d'incarner des alternatives.

Et le jour où nous ne les incarnerons plus, où on ne fera plus suffisamment la différence entre la gauche et la droite, dans toute une partie de la population,

tant les libéraux que nous, nous renforcerions l'idée que le seul projet de société alternatif, c'est celui incarné par l'extrême droite. Ce serait irresponsable !

Pour toutes ces raisons, nous avons choisi le CDH.

La coalition PS -CDH, c'est aussi une coalition contemporaine.

C'est l'alliance de deux partis qui se sont remis en question ;

Deux partis qui ont profondément revu leur fonctionnement ;

Deux partis qui ont laissé la place qui leur revient aux jeunes, aux femmes, aux différentes cultures ;

C'est l'alliance entre notre PS , ouvert aux croyants progressistes, et un CDH déconfessionnalisé.

L'un et l'autre, nous avons choisi de transcender les vieux clivages qui nous opposaient pour rechercher ensemble les meilleures solutions et répondre aux besoins de nos concitoyens.

De part et d'autre, chacun gardant sa spécificité et sa différence, il existe une réelle volonté de bâtir un projet commun au profit de tous les Wallons et de tous les Bruxellois.

Le choix unanime du Bureau du PS de vouloir gouverner avec le CDH à la Région Wallonne, à Bruxelles et à la Communauté Française est donc un choix positif .

Le choix de la cohérence et de la convergence.

Cohérents vis-à-vis de nous-mêmes.

Cohérents vis-à-vis de nos concitoyens.

Ce n'est pas un choix négatif contre tel ou tel parti.

A ce propos, il me semble qu'après quelques semaines de fausse incompréhension, il est temps que chacun accepte les lois de la démocratie.

Se poser en martyr parce qu'aujourd'hui on n'est plus au pouvoir partout, c'est faire preuve de peu de respect à l'égard du verdict des urnes.

N'est-ce pas normal en démocratie que la gauche choisisse le centre plutôt que la droite quand elle en a la possibilité ?

N'est-ce pas normal en démocratie que les gouvernements soient formés des partis qui ont gagné les élections et qui présentent des complémentarités évidentes ?

N'est-ce pas normal en démocratie que les partis tiennent compte des signaux différents adressés par l'électeur d'une élection à l'autre ?

Mes chers Camarades,

Pour la première fois de notre histoire, nous devons assumer des responsabilités ministérielles à tous les niveaux de pouvoir avec des partenaires différents.

Cette configuration est logique dans le cadre d'un pays fédéral pour lequel les élections fédérales, régionales, communales et provinciales sont fixées à des moments différents.

C'est certes nouveau, mais c'est parfaitement légitime et parfaitement conforme à la logique de nos institutions fédérales.

Ainsi, nous oeuvrerons à tous les niveaux de pouvoir avec le souci du respect des institutions et du choix des électeurs.

Depuis juillet 2003, le gouvernement fédéral est installé pour 4 ans. Avec les libéraux du Nord et du Sud du pays, avec le SP.a, nous avons conclu un accord de gouvernement pour la législature.

Avec loyauté, dans un esprit positif, nous travaillerons donc avec eux au niveau fédéral.

Nous le ferons avec la volonté de sortir la Belgique des difficultés, d'améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens qu'ils soient Bruxellois, Wallons ou Flamands.

Les défis qui nous attendent à la rentrée parlementaire sont nombreux : situation budgétaire, tensions communautaires et j'en passe…

Le budget fédéral de 2005 pourrait nécessiter quelques efforts. Nous y reviendrons à la rentrée quand nous verrons un peu plus clair.

Mais permettez-moi de mettre d'emblée « les points sur les i ». Pour le PS , c'est clair. Nous n'accepterons pas que l'on touche au domaine social.

Il serait, en effet, pour nous inacceptable que, d'un côté, l'on refuse de faire contribuer plus justement les revenus des capitaux au bien-être de tous et que de l'autre, on altère la protection sociale de nos concitoyens.

Chers Camarades,

A la Région wallonne, avec nos partenaires CDH, des objectifs clairs et précis ont été fixés.

Nous voulons avant tout faire de la Wallonie une terre de prospérité économique ; une prospérité qui se traduira en emplois et en un haut degré de protection sociale.

Ce défi, nous ne le réussirons pas seuls.

Ce défi requiert un rassemblement, une mobilisation de toutes nos forces vives comme jamais nous n'en avons connu.

L'action que nous mènerons dans les prochaines années est vitale pour les Wallons et les Wallonnes.

Vitale, car il demeure chez nous encore trop de souffrances dues à des niveaux de revenu trop faibles, à un manque d'emplois.

Vitale aussi, car les attaques persistantes de certains responsables du Nord ne cesseront peut-être que dans deux cas de figure :

  1. un relèvement spectaculaire de notre économie
  2. ou, ce que je ne souhaite pas, un déchirement profond de notre pays.

Dans les deux cas, nous devons prendre notre destin totalement en mains.

Nos forces vives, patrons, syndicats, associations, monde de l'éducation…en sont conscients.

Ils sont prêts à assumer leur part de responsabilité pour contribuer au redressement général.

A cet égard, le 23 juin dernier, indépendamment de la composition politique du gouvernement régional, les patrons et les syndicats wallons ont fait connaître de manière percutante leur désir de mieux s'impliquer.

Ils sont prêts à garantir la paix sociale moyennant un dialogue permanent entre eux.

Ils sont également prêts à prendre des engagements concrets dans le cadre des plans stratégiques du futur Contrat d'Avenir renouvelé.

Avec l'action que mènera la coalition progressiste PS /CDH, cet engagement patron/syndicat constitue un élément fondamental du nouveau climat constructif dont la Wallonie a besoin.

La mobilisation générale ne concerne pas les seuls gouvernements, patrons et syndicats.

Ainsi, la déclaration de politique régionale prévoit que toutes celles et tous ceux qui exercent une responsabilité au sein d'un service public ou parapublic doivent démultiplier leurs actions positives pour soulager la vie quotidienne de nos citoyens et des entreprises. Ils devront davantage épauler nos citoyens, et les aider à résoudre leurs problèmes.

Et dans cette optique, les meilleures complémentarités doivent être recherchées avec le secteur associatif.

Je l'ai souvent dit depuis 5 ans et je le répète aujourd'hui : le rôle de l'associatif et des secteurs non-marchands est fondamental si l'on veut aboutir à une société plus juste et plus solidaire.

Il est un autre souci que nous partageons avec le CDH, c'est celui de rendre nos structures institutionnelles plus claires, plus lisibles par les gens.

A cet égard, il convient de rappeler que la démocratie régionale repose sur deux institutions principales: la région et la commune.

Il faut renforcer la démocratie à ces deux niveaux de pouvoir et entre les deux, la couche des instances intermédiaires doit être réorganisée pour plus d'efficacité et de transparence.

C'est dans cette optique que nous réduirons le nombre des intercommunales de 50%. Le plan permettant la mise en œuvre de cette réduction dès le 1 er janvier 2007 devra être présenté au gouvernement avant la fin de cette année civile.

Nous allons donc retrousser nos manches et, ensemble, relever le défi du futur pour les Wallonnes et les Wallons.

Si nous faisons preuve d'un état d'esprit optimiste, volontaire et déterminé, nous y parviendrons.

C'est dans ce contexte que nous avons défini les lignes directrices du Contrat d'avenir renouvelé.

Bien entendu, les objectifs décennaux restent ceux que nous avions fixés avec nos partenaires libéraux et écologistes. Il faut créer de l'activité, être inventif, mieux former nos jeunes…

La grande différence avec le passé réside dans la méthode et dans la prise en compte plus solidaire de toutes les personnes.

La méthode, je n'y reviens pas.

Elle a été largement commentée.

Deuxième différence par rapport au passé : une prise en compte plus importante du besoin de solidarité.

Que ce soit par la création d'un fonds pour soutenir les sous-régions les plus éprouvées,

que ce soit par une plus grande solidarité entre les communes,

que ce soit la lutte contre les spéculations immobilières,

l'obligation pour chaque commune de participer à l'effort de création de logements sociaux,

la concentration d'aides et d'incitants fiscaux sur les quartiers défavorisés,

que ce soit l'attention accrue apportée aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux plus défavorisés

ou que ce soit encore le rôle reconnu aux associations et au secteur non-marchand,

le futur gouvernement oeuvrera davantage pour une Wallonie qui ne laisse personne au bord du chemin.

Camarades,

A Bruxelles aussi, Charles et Philippe ont voulu mettre sur pied une nouvelle méthode de gouvernance plus cohérente, plus participative, plus mobilisatrice.

A Bruxelles aussi, seul un projet volontariste impliquant toutes les forces vives de notre capitale (communes, partenaires sociaux, secteur associatif) peut créer les conditions favorables au développement de la qualité de vie de tous les Bruxellois.

C'est d'ailleurs dans cette optique que le gouvernement initiera un contrat pour l'économie et l'emploi à Bruxelles.

A Bruxelles aussi, le PS a voulu un projet de ville plus solidaire.

Des engagements forts sont pris pour aider les jeunes à trouver un emploi, pour poursuivre la revitalisation des quartiers défavorisés, pour créer de nouveaux emplois de proximité susceptibles de répondre aux besoins de la population, notamment en matière de sécurité ou d'accueil de l'enfant.

A Bruxelles aussi, nous pouvons réussir si nous retroussons nos manches ensemble et si nous faisons preuve d'un état d'esprit optimiste, volontaire et déterminé.

Camarades,

Pendant des années, la Communauté française a dû faire face à un sous-financement chronique. Des politiques d'austérité ont dû être menées. Un certain nombre de secteurs essentiels pour le bien-être de nos concitoyens n'ont pas été investis comme ils auraient dû l'être.

La législature passée aura été marquée par la conclusion des accords institutionnels sur le refinancement des Communautés.

Quelle que soit l'ampleur de ce refinancement, il ne dispensera pas le futur gouvernement d'une gestion rigoureuse.

Les moyens financiers de la Communauté ne sont pas et ne seront jamais illimités et les effets du refinancement ne se feront sentir que progressivement.

Mais quoi qu'il en soit, ce refinancement est une opportunité en faveur de tous les secteurs de la Communauté française.

En effet, l'école, la culture, les politiques de l'enfance et de la jeunesse, le sport, la recherche, etc. sont des domaines essentiels pour l'épanouissement de chacun.

Ils dessineront le destin de notre société.

Ambition, cohérence, décloisonnement et transversalité seront donc les maîtres-mots de l'action du gouvernement de la Communauté.

Les clivages de toutes sortes devront céder le pas devant les exigences d'une action collective qui améliore réellement la vie de chacun.

Des ponts seront jetés entre Communauté et Régions, entre pouvoirs publics et associations, entre enseignement et formation, entre monde de l'entreprise et de l'école, entre réseaux d'enseignements, entre recherche appliquée et recherche fondamentale, etc.

La Communauté française sera également, plus que jamais, le ciment entre tous les francophones, de Bruxelles, de Wallonie et d'ailleurs.

Voilà rapidement brossées nos ambitions pour nos entités fédérées.

Mes chers Camarades,

Certains responsables politiques néerlandophones exigent une évolution institutionnelle de notre royaume.

A cet égard, le PS opère une distinction entre la Flandre, les Flamands et certains responsables politiques désireux de s'engager dans la scission du pays.

Je me demande d'ailleurs quel serait le résultat d'un référendum en Flandre qui poserait la vraie question à sa population : « Voulez-vous garder la Belgique en tant que pays ou préférerez-vous un royaume ou une république de Flandre ? ».

Si les responsables politiques néerlandophones concernés posaient clairement cette question fondamentale, les choses seraient beaucoup plus nettes pour tout le monde. Chacun saurait à quoi s'en tenir !

Pour l'heure, je voudrais éviter toute ambiguïté.

Le PS n'est demandeur de rien, dans aucun domaine qui toucherait d'éventuelles réformes institutionnelles.

Chacun a pu observer que nos accords de gouvernement sont muets sur ces questions.

Nous pensons en effet que le pays a besoin de stabilité.

L'Europe vient de s'ouvrir à dix nouveaux pays.

Une adaptation économique sera peut-être nécessaire chez nous.

La globalisation poursuit son chemin, elle nous oblige aussi à des changements dans les appareils de production et de consommation.

Sur le terrain, les problèmes des gens, c'est le pouvoir d'achat, l'emploi, la protection sociale, la sécurité de nos quartiers.

Toutes ces questions fondamentales sont sans lien avec les problèmes institutionnels belgo-belges.

Le PS estime que nous serions mieux inspirés de laisser mûrir le fédéralisme de notre pays, de laisser fonctionner les régions et les communautés.

Dans le futur, après une évaluation des réalités, il sera toujours temps d'apprécier la situation.

Le PS veut préserver l'unité du pays.

Mais, bien entendu, si les néerlandophones devaient décider de se passer des francophones, il faudrait bien que nous en tirions toutes les conséquences.

Il faudrait bien que nous prenions entre nous, Bruxellois et Wallons, notre destin plus complètement en mains avec l'ensemble des attributions d'une nation.

Cette hypothèse n'est pas celle du PS .

Mais elle s'imposerait inéluctablement aux francophones, Wallons et Bruxellois, dont le destin est pour moi intimement lié, si on ne voulait plus d'eux ou si on en arrivait à détricoter les mécanismes essentiels qui nous unissent encore aux Flamands.

Les libéraux, comme tous les autres partis démocratiques francophones, ont affirmé qu'ils s'opposeraient à toute demande institutionnelle qui pourrait venir du Nord. Cette prise de position me rassure.

En attendant, le PS redit son souhait que chaque gouvernement travaille dans l'intérêt des gens et qu'ils se concentrent sur les questions économiques, sociales et éducatives.

Mes Chers Camarades,

Avant de reparler de nous, permettez-moi une brève allusion sur l'actualité des prochains jours.

D'ici lundi matin, les noms des ministres et présidents d'assemblée seront connus.

La fonction ministérielle est par essence éphémère.

Dans les équipes gouvernementales, il nous faudra des femmes et des hommes qui incarnent le PS d'aujourd'hui dans toute sa diversité, son ouverture et son dynamisme.

Des femmes et des hommes porteurs d'espérance, inspirant confiance en l'avenir, capables de gérer avec sérieux les dossiers qui leur sont confiés mais aussi de mobiliser les énergies de chacun au service du bien commun.

Des hommes et des femmes capables de dépasser les intérêts de leur sous-région.

Des femmes et des hommes qui, selon leur fonction, devront œuvrer pour tous les Wallons et tous les Bruxellois.

C'est à cette tâche très difficile que je vais m'atteler.

Mon choix n'aura d'autres critères que l'intérêt du parti et celui de nos concitoyens pour les prochaines années.

Quant à moi, je reste à boulevard de l'Empereur.

Je garde la Maison que vous m'avez confiée.

Mes chers Camarades,

Ne nous y trompons pas, le PS est au début d'une nouvelle ère.

Celle qui inaugure une manière inédite de gouverner.

Celle aussi d'un comportement digne de l'importance politique que nous représentons.

Celle, enfin, de la nécessaire consolidation de notre positionnement à gauche.

La nouvelle manière de gouverner, je viens de l'évoquer.

Quant à notre comportement, nos concitoyens exigent des femmes et des hommes politiques qu'ils soient des citoyens parmi les citoyens.

Des représentants raisonnables et sérieux, probes et généreux, compétents et accessibles.

Tous les responsables du PS devront se comporter avec ce supplément éthique qui fait aussi la différence entre un progressiste et un conservateur, entre un représentant de la gauche et un représentant de la droite.

Nos attitudes personnelles devront donc répondre à l'espoir que nos concitoyens ont placé en nous.

Affaiblis hier, incontournables aujourd'hui, nous devons plus que jamais faire preuve d'humilité.

Il n'y a pas de place au PS pour les parvenus, les prétentieux, les condescendants, les suffisants.

J'attends aussi de chaque élu PS dans nos communes, dans nos provinces, dans les parlements qu'il s'investisse massivement dans la mobilisation générale autours du Contrat d'Avenir renouvelé et du projet de ville pour Bruxelles.

Personne ne doit être à la traîne.

Le défi est de taille.

Notre responsabilité est immense.

J'en viens à la consolidation de notre positionnement à gauche.

Le PS est et sera la grande famille politique populaire de ceux qui se reconnaissent dans la gauche moderne.

Un parti du 21 ème siècle qui place l'égalité des êtres au centre de ses valeurs à l'instar de la liberté et de la solidarité.

Un parti qui œuvre pour que cette solidarité soit effective, que personne ne soit laissé au bord du chemin.

Un parti qui travaille pour assurer une prospérité matérielle à chacun.

Un parti qui travaille surtout pour rendre l'être humain maître de son destin, libre arbitre, autonome.

Un parti qui travaille afin que chaque individu renforce la cohésion de la collectivité.

Un parti fier de ses racines au regard résolument tourné vers des lendemains meilleurs.

Oui, mes chers Camarades, le socialisme est cette grande idée forgée par des valeurs universelles, toujours puissantes, toujours convaincantes, au service du progrès humain.

Oui, mes chers Camarades, le socialisme est une idée nécessaire et contemporaine.

Aujourd'hui plus qu'hier, nos concitoyens ont besoin de briser l'anonymat, d'aller à la rencontre de l'autre dans un climat de tolérance et de respect mutuel, pour se comprendre, s'accepter, s'apprécier et faire naître ensemble des projets communs.

Seul le PS peut transformer cet espoir en réalité.

Seul le PS peut offrir cet idéal à partager.

Mes chers Camarades,

Nous venons de terminer la rédaction d'une très belle page de l'histoire du PS . Ces splendides victoires successives, à la charnière de deux siècles, resteront assurément dans les mémoires.

Mais gardons-nous bien de croire que notre tâche est aboutie !

En Wallonie comme à Bruxelles, en Europe comme sur les autres continents, il y a encore beaucoup trop d'injustices, de victimes, de personnes qui souffrent, d'hommes et de femmes sans perspectives d'avenir.

Certains citoyens ont appris à se battre et à transformer l'injustice sociale en noble combat politique.

On en compte d'ailleurs beaucoup dans nos propres rangs : le PS est leur famille naturelle.

Mais d'autres sont perdus, se découragent, n'ont plus confiance en rien.

Ils peuvent alors tomber dans la violence et l'extrémisme.

Les succès de l'extrême droite chez nous, comme celui d'autres formes d'intégrisme dangereux se nourrissent toujours de la misère et de l'exclusion.

Ce ne sont pas les seules raisons, mais la misère et l'exclusion humilient et désespèrent les êtres humains.

C'est sur ce terreau que se développent les discours de haine et de rejet de l'autre.

Aujourd'hui, la recrudescence d'agressions à caractère raciste et antisémite nous rappelle les heures les plus sombres du Continent européen.

Nous les condamnons !

Nous les combattrons !

Mes chers Camarades,

C'est à la rédaction d'une nouvelle page de l'Histoire du PS que je vous invite.

Je vous invite à faire en sorte que les espoirs de nos concitoyens se transforment en réalités.

Je vous invite à travailler, travailler et encore travailler pour un monde meilleur.

Puissent nos actions conjuguées tracer le chemin d'un plus bel horizon!

Ensemble, chers Camarades, repartons au combat.

Vive le PS !!!